ESSAI - DS 9 E-Tense 225 : a-t-elle ses chances face aux allemandes ?

Présentée il y a un peu plus d'un an, la DS 9 m'a tout de suite tapé dans l'œil. Je suis tombé sous le charme de son habitacle et de ses détails rappelant le passé d'une icône française. Mais est-ce que cela a suffit à me convaincre lors de son essai ? C'est ce que l'on va voir aujourd'hui dans cet article !


Choc des générations.


Parlons un peu de design, la face avant nous indique de suite qu'il s'agit là d'une DS. On retrouve la grande calandre au dessin très structuré, les DS Wings chromées s'élevant sous les optiques ainsi que la signature lumineuse verticale aux extrémités du bouclier.


La DS 9 ne s'inspire pas uniquement des designs actuels de la marque, elle pioche aussi des idées sur les anciennes Citroën DS. Notamment ce sabre placé au centre du capot ou encore cette ligne qui plonge vers l'arrière donnant la discrète impression que la DS 9 bondit comme les anciens modèles.

Sous cette ligne se profilent les jantes de 19" nommées "Versailles". Ces dernières me paraissaient petites en photo et en vidéo, mais après l'avoir eue sous les yeux cela ne m'a plus gêné. Notez que des jantes de 20" sont présentes sur la version 360 ch 4x4.


À l'arrière, d'autres rappels au passé sont présents. Le plus frappant étant les feux de position situés aux coins supérieurs de la lunette arrière anciennement utilisés en tant que clignotants. Plus bas, on retrouve les sublimes optiques incrustés d'écailles soulignés d'une barre chromée faisant, elle aussi, référence aux modèles des années 50. Cette dernière relie les deux optiques tout en disparaissant au niveau de l'aile arrière. Un choix stylistique osé qui s'avère plutôt réussi.


C'est indéniable, la DS 9 est statutaire. Son design lui donne du caractère tout en restant gracieux et classe, une vraie réussite !


Un air de limousine.


Bienvenue à bord. C'est généralement ce que nous annonce l'équipage d'un avion lors de notre arrivée dans celui-ci. Et bien je vous souhaite la bienvenue en première classe.


Impossible de ne pas être bluffé par l'habitacle de la DS 9. Dès l'ouverture des portes, on aperçoit tout ce cuir nappa éparpillé à l'intérieur, que ce soit sur les sièges, la console centrale ou encore les panneaux de portes. Tout est superbement travaillé et le rendu est très réussi ! Notamment ici avec la finition Opera Rouge Rubis, finition intérieure la plus haut de gamme, qui offre un peu de fraîcheur face aux habitacles sombres, j'adore ! La planche de bord, elle aussi entièrement recouverte de cuir, arbore fièrement l'écran de 12" surplombé par la montre BRM R180 se déployant à chaque démarrage, tout est dans les détails.


Les sièges, à la sellerie bracelet de montre et toujours du plus bel effet, sont tous chauffants, ventilés et massants, de quoi apprécier le moindre trajet que ce soit à l'avant où à l'arrière, car oui, cette DS 9 s'apprécie surtout une fois assis à l'arrière. Un air de limousine s'en dégage avec ce large accoudoir central dissimilant des portes gobelets, un vide poche ainsi que les boutons de réglages des différents programmes de massage. Si la température n'est pas à votre goût, il vous sera possible de la régler manuellement sur le panneau de contrôle situé entre les deux sièges avants. Vous souhaitez vous mettre à l'aise ? Libérez de l'espace aux jambes en modifiant la position du siège passager avant à l'aide du bouton situé sur ce dernier. Cet espace étant déjà largement suffisant en temps normal. Vous l'aurez compris, les voyages à l'arrière de la DS 9 sont royaux.


DS a toujours impressionné avec leurs habitacles raffinés remplis de détails, la DS 9 ne déroge pas à la règle et propose un intérieur superbement réalisé aux finitions quasi parfaites. En effet, deux choses me dérangent dans cet habitacle : la première est le plastique utilisé derrière l'accoudoir central à l'arrière, en plus de ne pas être très agréable au toucher, j'y ai aperçu quelques marques dues au frottement des surpiqûres du cuir... Le second est le plastique situé sur le panneau de contrôle de climatisation à l'arrière. Je trouve dommage de ne pas avoir mis du cuir sur cette partie qui fait un peu "tâche" au milieu de l'habitacle arborant du cuir sur la quasi totalité de ses surfaces.


Le volume de coffre, plus important que ceux de la concurrence, est de 510 L. Très profond, il dispose d'un mince compartiment sous le plancher permettant d'y ranger le câble de recharge, pratique pour ne pas le laisser se balader dans tout le coffre.



Se rapprochant du DS 7, la DS 9 embarque globalement les mêmes technologies à son bord. On retrouve donc les deux dalles de 12" : la première servant de compteur affichant diverses informations sur le véhicule et la seconde dotée du "tristement célèbre" système d’info-divertissement de PSA qui, il est vrai, commence à accuser son âge... L’interface, certes jolie, se montre parfois très lente. Ils auraient peut-être pu retravailler ça avec le nouveau système qui arrive sur la future DS 4 car ce n'est pas digne d'une berline de cette gamme. Heureusement qu’Apple CarPlay et Android Auto sont là pour sauver la mise !


Les audiophiles seront ravis d'apprendre que le système audio de la DS 9 est signé Focal, la célèbre marque d'Hi-Fi française. J'avais déjà été bluffé par le rendu audio à bord du DS 7 Crossback et pourtant, cette fois, j'ai l'impression qu'il est encore plus réussi ! Ce n'est pas moins de 14 haut-parleurs dispersés dans l'habitacle qui vous feront voyager à travers vos musiques durant vos trajets.

Si vous êtes assis à l’arrière vous ne manquerez pas de prises USB : deux sont situées sous le panneau de contrôle de climatisation et deux autres dans l’accoudoir central. A l’avant deux prises sont placées dans le vide poche central aux côtes d’un chargeur à induction.


La DS 9 embarque bien évidement un large panel d’aides à la conduite. On retrouve parmi elles l’alerte de franchissement de lignes, le régulateur adaptatif, la lecture des panneaux, le maintien dans la voie, une aide au stationnement accompagnée d’une caméra de recul 360°

ainsi que de DS Night Vision. Toutes ces aides lui permettent d'atteindre le 2ème niveau de conduite autonome.


Motorisations.


Trois motorisations sont disponibles sur la DS 9 : un essence de 225 ch ainsi que deux hybrides rechargeables (E-Tense). Une de 225 ch et 360 Nm et une autre 4x4 de 360 ch embarquant la même motorisation que la cousine 508 PSE. Toutes accouplées à une boite automatique à 8 rapports.


L'E-Tense 225 qui m'a été mis à disposition embarque une batterie de 11,9 kWh et bénéficie, selon DS, d'une autonomie de 47 km en tout électrique. À l'utilisation, je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de vérifier cette dernière car je n'ai jamais atteint le niveau de charge maximal...

Cependant, l'autonomie du moteur thermique est d'environ 500 km, ce qui me parait correct au vu du gabarit du véhicule pour un petit réservoir de 42 L. Lors de l'essai, j'ai constaté une consommation moyenne de 7 L/100 km sans vraiment rouler en écoconduite. Comptez environ 1h45 pour une charge complète sur une prise de 7.4 kW.


Même si l'on nous pousse au contraire, on aurait apprécié un bloc diesel pour les personnes qui font beaucoup de kilomètres par an.


Voyage en première classe.


Là où la DS 9 excelle, c'est sur la route. Le confort de conduite est quelque chose de très important pour la marque française et cela se ressent. Sur mes trois jours d'essai, je n'ai ressenti aucun désagrément au volant, ça a été un plaisir de parcourir les routes alsaciennes à son bord. Les sièges moelleux liés aux fonctions massantes sont très confortables, on avale les kilomètres sans s'en rendre compte !


Plusieurs modes de conduite sont présents : Zéro émission en tout électrique, Hybride changeant automatiquement de motorisation en fonction de l'utilisation, Sport le mode le plus "sportif" raffermissant la suspension pilotée ainsi que le volant et le mode Confort qui active la technologie DS Active Scan Suspension. Mais qu'est-ce que c'est vous dites vous ?

Et bien cette technologie scanne la route à l'affût du moindre défaut de chaussée et informe en temps réel les suspensions qui s'adapteront à la chaussée pour adoucir les vibrations et chocs. Le mode de conduite à sélectionner si vous souhaitez voyager le plus confortablement possible !


Toujours en quête de confort, l'insonorisation a été elle aussi travaillée, le double vitrage sur les vitres latérales amplifient ce sentiment de calme à bord notamment lorsque l'on est en tout électrique. Le moteur thermique se fait lui discret, il n'y a que lors de franches accélérations qu'il se fait légèrement entendre. La boîte de vitesse automatique est très douce lors d'une conduite coulée en revanche elle perd vite ses moyens et devient un peu plus lente lorsque l'on a besoin d'accélérer franchement.


Si j'avais trouvé le DS 7 Crossback confortable, cette DS 9 l'est encore plus. Son point de gravité étant plus bas, le roulis se ressent beaucoup moins que sur le DS 7 qui se montrait parfois un peu "bateau" en courbe et lors de franchissement de dos d'âne. Sa direction est aussi plus incisive, malgré ses 4.93 m de long et 1.93 m de large, elle se manie avec une facilité déconcertante sur n'importe quel type de route, ville compris.


Tarifs.


Nous avions l'habitude de voir un grand nombre de finitions proposées sur les DS 3 et DS 7 Crossback, la DS 9 se décline elle uniquement en deux finitions : Performance line + au look plus "sportif" et Rivoli + finition la plus haut de gamme.

  • Avec le bloc essence 225, les tarifs débutent à 47 700 € pour la Performance Line + et 51 700 en finition Rivoli +.

  • La première motorisation E-Tense 225 dispose d'un prix de départ de 55 000 € avec la finition Performance Line + et 57 900 € en finition Rivoli +.

  • Le plus gros bloc E-Tense 4x4 360 voit son prix grimper à 66 500 € en finition Performance Line + et 69 400 € en finition Rivoli +.

Tous ces tarifs sont hors options.

Le modèle présenté ici est une DS 9 E-Tense 225 en finition Rivoli + affiché à 67 700 €.


Options et accessoires présents :

- Peinture métallisée "Cristal Pearl (Nacrée)" : 1200 €.

- Intérieur Opera Rouge Rubis : 4950 €.

- Pack DS Urban : 700 €.

- DS Night Vision : 1200 €.

- Système audio Focal Electra : 1200 €.

- Coffre motorisé avec Accès Bras Chargé : 500 €.

Son objectif étant de « s’attaquer » aux allemandes, la DS 9 se place très bien face à la concurrence avec des tarifs très attractifs au vu des prestations proposées. Certains équipements n’étant disponibles que sur la gamme supérieure chez les concurrents.


Pour finir.


Honnêtement, DS a frappé fort avec la DS 9. Même si, à mon sens elle arrive un poil tard sur le marché et fait déjà un peu old school face à la DS 4 qui approche à grand pas, la DS 9 n’a rien à envier à sa concurrence, notamment allemande. Tout aussi bien équipée avec un tarif plus avantageux, on a en plus de ça le plaisir de rouler dans une auto peu commune au look moins classique que ses rivales.


Je souhaite remercier la concession DS STORE Strasbourg Hoenheim et le Groupe CAR Avenue, distributeur exclusif de la marque DS Automobiles en Alsace, sans qui cet essai n'aurait pas eu lieu.